Herois de novel·la representants del nostre temps

Dones entre l’emancipació, l’adulteri i la prostitució. La qüestió del gènere. Flaubert, Madame Bovary

Saint-Beuve analitza Madame Bovary a Le Moniteur

(Composició i impersonalitat a Madame Bovary de Flaubert)

Je n’avais pas lu Madame Bovary sous sa première forme et dans le recueil périodique où l’ouvrage avait été publié d’abord par chapitres successifs. Si saisissantes qu’en fussent les parties, il devait y perdre, et surtout la pensée générale, la conception devait en souffrir. Le lecteur, s’arrêtant court sur des scènes déjà hardies, se demandait: Qu’y aura-t-il au-delà? On pouvait supposer à l’ouvrage de folles poussées, à l’auteur des intentions qu’il n’avait pas. Une lecture continue remet chaque scène à son vrai point. Madame Bovary est un livre avant tout, un livre compose, médité, où tout se tient, où rien n’est laissé au hasard de la plume, et dans lequel l’auteur ou mieux l’artiste a fait d’un bout à l’autre ce qu’il a voulu.

(…)

Autre particularité également remarquable! Parmi tous ces personnages très réels et très vivants, il n’en est pas un seul qui puisse être supposé celui que l’auteur voudrait être; aucun n’a été soigné par lui à d’autre fin que pour être décrit en toute précision et crudité, aucun n’a été ménagé comme on ménage un ami; il s’est complètement abstenu, il n’y est que pour tout voir, tout montrer et tout dire; mais dans un coin du roman on n’aperçoit même son profil. L’oeuvre est entièrement impersonnelle. C’est une grande preuve de force.

Sainte-Beuve, «Madame Bovary par Gustave Flaubert», dans Panorama de la littérature française (Portraits et Causeries), Librairie Générale Française, Paris, 2004, pp. 1430, 1432.

Activitat

Darrera actualització de dijous, 9 de febrer de 2012 10:36